Comme en rêve le jour et la nuit réunis Le coeur parle mais la raison achève Comme on crève, on refuse d'écouter nos cris Quand viendront les héros prendre la relève ?
Songeant à un monde plus beau L'enfant apaisé s'endort dans son berceau Dans l'occident la moindre paille nous fait sursauter Alors que dans le monde entier des enfants se font exploiter
Où sont passés ces chevaliers servants qui sauvent leur princesse ? La jeune fille apeurée qui sans nulle envie rencontre le loup La populasse lui hurlera de prendre les jambes à son cou Et si la voix lui manque pour crier, ses jambes venant à lui manquer Le loup alors s’avancera pour gagner son trophée Sans personne pour prier que cette mascarade cesse
A l’âge où nous sommes encore poupées de porcelaine Certaines sont devenues reines d’un royaume désenchanté Offrant parcelles de bonheur contre peu de monnaie Attachées à cette vie comme un chien à sa chaîne
Hurlant au beau milieu de la nuit La voix me manque, mes désirs ont fuit Pourquoi personne ne vient secourir le chaperon rouge Qui voit victorieux le loup sortir de la couche La peur est là mais ses doigts se referment sur sa bouche Neuf mois plus tard elle cachera son ventre qui bouge
Un jour quelqu’un m’a dit hurle cela te fera du bien Pourrait-elle seulement imaginer comment je ne sent plus rien Je suis comme les pierres, mon coeur s’est enfuit Depuis le jour où il est parti victorieux de ce lit
Alors l’enfant grandit et s’efface tout comme se dressent des murs Dans leur coeur comme dans le mien il n’y a plus la place, les temps sont durs Plus de pleurs ni de tristesse, à quoi ça sert ? Montre tes sentiments, ils te croqueront pour le dessert !
J’ai beau avoir perdu tout espoir, je ne doute pas Qu’un jour le prince charmant me prendra dans ses bras Ce jour là, j’abattrait enfin mes barrières Pour laisser enfin sortir la lionne de sa tanière...

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